Groupe Medvedkine

  • Classe de lutte

    1969 / 41'

    1968. Alors que les grèves ouvrières se multiplient, Suzanne Zedet, salariée de l’usine Yéma à Besançon (capitale de l’horlogerie) se lance avec enthousiasme dans l’action syndicale, malgré les réticences et inquiétudes de son mari. De la première prise de parole véritable en Mai 1968, à travers un discours vibrant écrit dans l’urgence, jusqu’aux sanctions décidées à son encontre par la direction, Suzanne raconte le travail du militant, l’échec de la grève, les divisions au sein du monde ouvrier, mais aussi les joies d’un combat syndical au quotidien qui a changé sa vie, la révélant aux autres et à elle-même. Parce qu’une société nouvelle est en jeu…

    Groupe Medvedkine : Alexandre Medvedkine, cinéaste soviétique, est l’inventeur du ciné-train, unité mobile de production qui sillonna l’URSS en 1932 pour filmer ouvriers, paysans et mineurs du pays, et leur montrer sur le champ leur propre travail dans le but de l’améliorer et d’aider à la construction de la Russie nouvelle. 1967-1974 Une expérience, unique à ce jour dans l’histoire du cinéma français, se déroule en Franche-Comté : des ouvriers, de Besançon d’abord et de Sochaux ensuite, s’affirment cinéastes, signant collectivement ou en leurs noms propres, une dizaine de films politiques. Groupe Medvedkine de Besançon : Vincent Berchoud, Juliet Berto, Ethel Blum, Antoine Bonfanti, Francis Bonfanti, Michèle Bouder, Paul Bourron, Léo Brouwer, Zouzou Cèbe, Claude Curty, Michel Desrois, Michel Follin, Jean-Luc Godard, Andréa Haran, Joris Ivens, René Levert, Pierre Lhomme, Georges Lièvremont, Jacques Loiseleux, Colette Magny, Chris Marker, Mario Marret, André Marteau, Jean-Marie Marteau, Jean Martin, Yoyo Maurivard, Harald Maury, Jacqueline Meppiel, Michel Pamart, Anne Papillault, Ragnar, Silvio Rodriguez, Alain Rousselot, Jean-Pierre Thiébaud, Trafo, Michèle Todeschini, René Vautier, Claude Zedet, Mahamed Zinet, Géo Binetruy, Bruno Muel, Suzanne Zedet, Simone Nedjma et Pol Cèbe.

    « Même si toute l’histoire du monde ouvrier est une suite de luttes pour la dignité, notre différence était de ne pas limiter celle-ci aux seules conditions de travail, mais de l’étendre au contraire à l’ensemble de la vie quotidienne, à notre place dans la société, à la possibilité de s’exprimer. Il s’agissait d’une dignité globale, donc aussi d’un combat culturel. Si tu n’as pas de connaissance, tu n’existes pas. Si tu ne maîtrises pas la parole, tu te fais toujours enterrer dans la farine par ceux qui parlent bien. » Henri Traforetti, ancien du Groupe Medvedkine de Besançon. L’image, Le monde – juin 2002

    Production : S.L.O.N