Alain Cavalier

  • Bonnard

    2008 / 26' / Couleur

    Bonnard, fou de couleurs, de vibrations lumineuses, de présence féminine. Avec son ami Matisse, il partage une certitude obstinée : n'offrir aux autres que la beauté de la vie et le plaisir de peindre. Dans ses tableaux, pas une trace des guerres, des révolutions, des génocides qui ensanglantent son époque. Rien sur ses doutes, sauf dans les auto-portraits. Un modèle, Marthe sa femme, peinte pendant cinquante ans avec toujours le même corps inchangé de jeune fille. La sensualité d'abord. Après, la peinture seule. Une vie très intime, la salle à manger, la baignoire, le jardin de la maison. Ce n'est pas du tout rétréci. Le monde est là, entier, aussi. Jusqu'au dernier tableau avant de mourir: l'amandier en fleurs. Je dédie ce film à Marthe. Elle n'avait pas un caractère facile, mais elle permit à Bonnard d'aller loin dans son travail de peintre.

    Production : Les Films d'Ici/Serge Lalou

  • Georges de la Tour

    1997 / 27' / Couleur

    Un cinéaste interroge une œuvre : le regard subjectif d’Alain Cavalier sur la peinture de Georges de la Tour.

    « Depuis longtemps je suis lié au peintre Georges de La Tour. Ses tableaux m’ont aidé dans la fabrication de mes films. Ils ont en plus, d’une façon précise, croisé ma vie personnelle. C’est bien de cela dont il est question dans le film que j’ai tourné sur La Tour : une émotion intime entraînant l’amour pour une oeuvre. [...] J’ai tourné ce film dans un studio cinématographique. J’ai utilisé des reproductions. Il est difficile de courir les musées du monde pour filmer chaque toile. En plus, et très justement afin de protéger les tableaux, les conditions de prises de vues sont sévères. C’est ma voix qui accompagne sur le vif l’enregistrement des images. Au montage, les plans ont été gardés dans l’ordre du tournage. Je voulais rester proche de l’évolution de mon sentiment pour La Tour. Cette façon impressionniste d’aborder un peintre est à peu près le même dont je me suis servi pour mes vingt-quatre portraits de femmes. Les tableaux de Georges de La Tour (il en reste trente) sont des images fixes douées d’un rayonnement et d’une densité rares dans l’histoire du travail de l’homme. Il se trouve que moi, cinéaste, avec mon mouvement de vingt-quatre images à la seconde, je suis un peu jaloux de cet achèvement-là. » (Alain Cavalier)

    Production : Réunion des Musées Nationaux, Télérama

  • Irène

    2009 / 85' / Couleur

    Irène et le cinéaste. Relation forte et en même temps pleine d'ombres. Irène disparaît. Reste un journal intime retrouvé des années après. Une fraîcheur. Une attirance. Un danger. Comment faire un film ?

    « Elle est derrière la porte. Je l’entends frapper doucement depuis des années. Pourquoi tant tarder à lui ouvrir ? Crainte de ce qu’elle peut me demander ? Peur d’un aveu ? Refus d’éclairer les coins sombres ? Seule certitude : elle est là, vivante, aujourd’hui, devant moi. Elle guide mes gestes. J’essaie d’aller plus loin que nous, hier. » Alain Cavalier

    « Film dense et cru, pudique et déchirant, Irène, dans sa prononciation heurtée et subtile, dit exactement combien la mémoire est à la fois ce qui nous élargit aux autres et nous referme dans la plus étroite solitude. » Franck Kausch – Positif n°584, octobre 2009
    « Irène bouleverse par la manière dont il accueille le spectateur et construit une histoire, des images, des scènes pour lui. (…) Ce n’est pas une quête, mais un partage. Le geste du filmeur est de nous emmener avec lui, il est notre œil, et il parle à notre oreille : il se confie. En retour, il ne faut pas hésiter à se confier à lui. » Stéphane Delorme - Les Cahiers du Cinéma n°649, octobre 2009

    Production : Camera One - Pyramide Productions - ARTE France Cinéma

  • Lieux saints

    2007 / 32' / Couleur

    Entre introspection et rêverie, Alain Cavalier, nous fait partager les réflexions que lui inspirent les lieux d’aisance refuges de son enfance à aujourd’hui. Un quotidien trivial transformé par un filmeur singulier.

    Les toilettes, les cabinets, les W.C., les chiottes ont été, avec les fonds de jardins, les refuges de mon enfance. Je croyais avoir des secrets : objets ou pensées. Les autres devaient les ignorer. Sinon, danger. Dans ces endroits clos, solitude pleine d’affirmation et de bien-être. J’ai gardé le pli. Devenu cinéaste, les toilettes se sont imposées comme un lieu construit pour être filmé. La simplicité de la fonction, les variations, les volumes, les axes, les bruits, tout y invite à des emboîtages cinématographiques. Je suis rarement proche d’une toilette publique ou privée sans m’y enfermer avec ma caméra. Dans l’espoir d’un lien imprévisible entre l’endroit et mon sentiment du jour. Souvent me revient, dans ces lieux d’aisance, cette phrase de Pascal à variations sans fin selon chacun : "Qui fait l’ange fait la bête". Elle m’aide a nourrir un mouvement entre le haut, le bas, l’horizontal. La mort récente de ma mère assure la métamorphose des plans pour qu’ils dépassent l’enfance. C’est l’effacement de l’ancien, peut-être aussi de mon attachement pour les toilettes. Elles deviendraient plus simplement lieu d’acceptation et de retour à la poussière. Alain Cavalier

    Production : Les films de l’Astrophore

    • Alain Cavalier

    • Alain Cavalier

    • Alain Cavalier

    • Alain Cavalier

    • Alain Cavalier, Françoise Widhoff

  • Le paradis

    2013 / 60'10" / Couleur

    Deux mini-dépressions de bonheur, plus l’attente de la troisième, suffisent à un cinéaste pour croire en une certaine beauté de la vie, ce qui entraine un plaisir de la filmer. La reconstitution des ces instants magiques relie le cinéaste à ceux qui cherchent à s’approcher de l’acceptation lumineuse d’être mortel. Tout est filmé sans hiérarchie, sans préférence : humains, arbres, dieux, maisons, jouets, légendes…à condition que l’amour veille. L’innocence c’est le problème. Le cinéaste a perdu une partie de cette matière de base. La repérer chez certains et ne pas la leur faire perdre devant la caméra, c’est si fragile. Ma reconnaissance va à ceux que vous regardez au cours du film.

  • La repasseuse

    1988 / 13' / Couleur

    Rencontre avec Madame Ambrosini, repasseuse rue de Lisbonne à Paris et à son compte depuis 1937. Un portrait savoureux d’un métier manuel, une approche amoureuse d’un destin de femme, un parallèle audacieux avec le métier de cinéaste et toujours une construction filmique raffinée. « La repasseuse » est extraite d’un ensemble de 24 portraits de femmes à leur travail.

    www.cndp.fr/cav/repasse/3_decoupage.htm

    Production : Camera One, Douce et La SEPT, CNC, Ministère des A

    • Alain Cavalier

    • Jean-Noël Ferragut

    • Pierre Lorrain

    • Sophie Durand

    • Jérôme Petitgirard