Kyoto

2006 / 15' / France / Couleur

Dans une grande ville la nuit, une jeune femme quitte une soirée et se perd dans les méandres du métro. Paniquée, elle se réfugie dans le premier endroit accessible : une usine désaffectée. Ce lieu devient alors le théâtre privilégié d’une expérience unique et incongrue. Au cours de ses déambulations dans l’usine, Kyoto va subir une étrange présence sonore, une sorte de trou dans lequel s’enfouit chacun des sons qu’elle émet.

"Kyoto" est un film qui procède d’une expérience sonore chez l’héroïne, qui perçoit les différents lieux qu’elle traverse par le son, et qui produit une expérience sonore chez le spectateur. Quelle expérience sonore ? Une aberration perceptive que l’on peut attribuer à un état de fatigue chez Kyoto, et qui altère sa perception de tous les éléments sonores à l’intérieur du métro et de l’usine. Ces sons déformés, pétrifiés dans la durée gonflant de l’intérieur, une masse sonore spectrale, jusqu’à atteindre un paroxysme à la lisière de l’inaudible... De manière plus précise, l’environnement sonore du film est la représentation que l’héroïne se fait de l’espace des différents lieux qu’elle traverse lorsqu’elle y exerce l’écoute. C’est-à-dire au départ une écoute causale, objective et analytique. L’objet de cette écoute est ensuite altéré par «les fantômes sonores» de Kyoto. L’environnement sonore devient alors une matière inchoative et organique. Cette matière est obtenue notamment à l’aide d’une technique de synthèse granulaire consistant en la création d’une onde sonore complexe à partir de différents fragments sonores joués successivement. Le son obtenu est une sorte de nuage, composé de l’ensemble des grains.

Production : Atlantis, Conseil Général de Meurthe et Moselle, CRRAV Tourcoing, Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains

  • Jérôme Thomas

  • Patrick Dehalu

  • Hervé Birolini

  • Christelle Jacquaz, Nina Khokham,  Kyoto, Elise Pottier

Date de diffusion :